je, Sarah Cassenti et bioactivité

« J’ai grandi dans une famille de cinéastes. Je suivais donc mes parents sur les tournages, ils étaient très occupés et moi libre de mes déplacements. Je pouvais aller d’un endroit à l’autre : regarder les chevaux arriver, les armures briller… J’écoutais le « silence, on tourne » que mon père prononçait et qui signait la puissance de ma liberté. Je passais dans les loges alors que tout se jouait dehors, je sortais ensuite, grimpais sur les ruines du décor, munie de ces différents paysages sensibles en expansion simultanée en moi. C’est ce Kinema de mon enfance que je porte en moi, ce mouvement, ces espaces sensibles en expansion, que je continue à fabriquer aujourd’hui, quand on m’y invite. »

« I grew up in family of filmmakers. I therefore followed my parents on shootings, they were very busy and I was free to move… I could go from a place to another : looking at the horses coming, the armors shining… I listened to the « Quiet, we’re shooting » my father pronounced, signing the strength of my freedom. I dropped in the backstage whereas everything was running outside. I then poped out, climbing the ruins of the setting with those different sensitive landscapes simultaneously in expansion inside me. It is this Kinema of my childhood that I carry, this motion, those sensitive spaces in expansion and the move of the bodies passing though that I keep producing today when I’m invited to. The gesture and the ceramic site « the mark of the emotions in the body », my mother as repeatedly told to my tender infant ears stories about her insite land, my imaginary travelled with that. I’m raising this landscape within my ceramics. In the places where I’m invited to perform, I mark the spaces with those signs. So the spaces become a bodyland in which the visitor and my conspirators can commit there own body and the move of their proper thought. » sc

Je tourne mon attention vers les personnes qui m’inspirent, des personnes dont je distingue le singulier, ce que j’ai longtemps appelé la présence, les personnes qui sont, selon moi, l’élargissement même du champ du vivant dans le présent, je sens l’avenir qu’ils portent en eux, je fais monter leur portrait vivant, en live. Je les invite à traverser Relief(s) Cassenti, cet espace que je dessine et qui se dessine pour elles, pour nous accueillir moi, eux, le visiteur, pour le temps du voyage et de ce présent singulier qui nous monte au corps, qui nous assouplit, mes amis, complices, témoins réciproques de notre vie, partenaires de pensée, de joie(s).

Autodidacte dans le domaine des arts et provocatrice, j’ai poursuivi l’enseignement de Roman Cieslewicz et de Chantal Petit, en un premier temps à Penninghen en conception graphique, j’entame mon chemin de traverse artistique avec Hélène Defilippi et notre duo-du-elle Les idiotes. Nous ouvrons le Lieu des idiotes à Paris dans son salon. Voyages successifs au Japon, création des décors-vivants avec Mogly Speix, nous créons notre résidence scénique au Batofar. J’édite la revue Celebrity Cafe au côté de Jacques Donguy et Jean-François Bory.

J’écris mes scènes vivantes en les dessinant, la présence singulière et le corps de mes complices sont invités à les traverser. Je modèle des objets massifs en céramique, en plâtre, aux reliefs archaïques, prothèses corporelles qui prolongent en live la représentation de mon corps sensible. Maya Arbel, Irena Andreeva, Naomi Shka incarnent également mon geste lors de nos pratiques performatives.

Mon travail artistique est représenté par Le Générateur, menée par Anne Dreyfus à Gentilly (Fondation de France) et de la Galerie Satellite de Marie Kawazu, Paris.

DSC00842 r42596456_10216597445476164_7053548902443646976_n36856101_2162630020616719_1992493241953419264_oPhotographie de Henrik Aeshna, RELIEFS Cassenti, Tea-Party le dimanche 8 juillet 2018, Le Générateur.

Tous droits réservés, Sarah Cassenti, 2009-2019.

Contact : lov_sh@yahoo.fr